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Perliculture - Santé publique - Prévention des maladies

1. Prévention des maladies

a. Prophylaxie médicale

- Vaccination et traitements préventifs
La vaccination n’est pas envisageable chez l’huître perlière car les mollusques ne produisent pas d’anticorps. Déverser des traitements dans le lagon est bien évidemment illusoire du fait de l’immensité océanique. A l’opposé, en écloserie, la qualité des eaux d’élevage peut être maîtrisée par traitements physiques (filtration, antiseptiques, traitement aux UV…) ou chimiques (produits pharmaceutiques) pour éviter le développement d’agents pathogènes.

- Emploi de nucléus enrobés
Pour l’heure, cette solution reste parfaitement adaptée à la prévention des risques infectieux consécutifs à la greffe.
Les fabricants n’étant pas tenus réglementairement de fournir la composition des enrobages aux autorités sanitaires du Pays, leur qualité demeure incontrôlable et aléatoire.
Des travaux sur ce thème sont en cours dans le cadre du Groupement de Recherche, coordonné par le service de la perliculture.

b. Prophylaxie sanitaire

- Désinfection du matériel
La transmission des maladies contagieuses, dans le milieu aquatique, se fait par absorption, par un individu sain, de particules infectieuses rejetées par un individu porteur. Les distances sur lesquelles ces micro-organismes sont transportés sont variables et dépendent de la durée de vie de l’agent infectieux en eau libre et des conditions environnementales déterminant leur vitesse de déplacement (courants). Certains agents ont un cycle de développement nécessitant un hôte intermédiaire, en son absence la maladie ne peut se propager (Marteilia refringens, par exemple, a besoin d’un petit crustacé Paracartia grani non présent dans les eaux polynésiennes).
Enfin, la transmission d’agents infectieux par les outils de greffe est à considérer avec beaucoup d’attention. La plaie chirurgicale est une voie de pénétration extrêmement efficace pour les micro-organismes. Les préconisations de désinfection des outils entre chaque acte et en fin de journée, ainsi que l’interdiction d’importer du matériel de greffe usagé, visent à limiter les risques. Outre la porte d’entrée que génère la greffe, il est bon de rappeler que l’huître subit à ce moment un stress important induisant une forte diminution de sa résistance, à tous les agents infectieux, même les moins agressifs.

- Arrêté n° 157 CM du 21 janvier 2000 portant prohibition d’importation de matériel usagé utilisé pour la greffe de l’huître perlière en Polynésie française.
Comme nous l’avons signalé, la transmission d’agents infectieux d’une huître à l’autre peut aisément se faire par le biais des instruments de greffe. Cette interdiction a été prise consécutivement à l’épisode de mortalité massive enregistré au Japon sur les huîtres Pinctada fucata, dans le but de minimiser le risque d’introduction du virus Akoya, jugé à l’époque responsable de l’épizootie.

- Bonnes pratiques d’élevage
Le respect des normes d’élevage est également primordial. Des concentrations excessives (non-respect des densités à l’hectare, des règles de proximité des autres concessions, des standards de rapprochement des lignes…), des manipulations inadaptées (durées de mise à l’air trop longues, actes chirurgicaux imprécis, manque de surveillance et de nettoyage…), une hygiène défectueuse sont autant de facteurs aggravants contribuant à de mauvais résultats (mortalité et rejet élevés, qualité des perles médiocre).

c. Lutte contre l’introduction et la diffusion d’agents pathogènes

- Délibération n° 93-61 AT du 11 juin 1993 fixant les modalités de transfert des huîtres nacrières de la Polynésie française.
L’importation et l’exportation d’huîtres vivantes sont interdites. Le transfert d’huîtres entre atolls est ainsi réglementé et soumis à autorisation.
Ces mesures sont d’une importance capitale sur le plan épidémiologique et contribuent fortement à limiter les risques d’introduction et de propagation d’agents pathogènes exotiques en Polynésie française.

- Arrêté n° 157 CM du 21 janvier 2000 portant prohibition d’importation de matériel usagé utilisé pour la greffe de l’huître perlière en Polynésie française.
La transmission d’agents infectieux d’une huître à l’autre peut aisément se faire par le biais des instruments de greffe. Cette interdiction a été prise consécutivement à l’épisode de mortalité massive enregistré au Japon sur les huîtres Pinctada fucata, dans le but de minimiser le risque d’introduction du virus Akoya, jugé à l’époque responsable de l’épizootie.

2. Médicaments pouvant être utilisés en perliculture

a. Liste des produits ayant une AMM en aquaculture

La liste des médicaments autorisés est réactualisée régulièrement par l’Agence Nationale du Médicament Vétérinaire.

b. Délivrance des médicaments vétérinaires

Les produits pharmaceutiques utilisés, notamment en écloserie, tombent sous le coup de la réglementation sur la pharmacie vétérinaire. Leur préparation, leur détention et leur délivrance au détail, à titre gratuit ou onéreux, sont réservées exclusivement aux pharmaciens et aux vétérinaires.

3. Pharmacie vétérinaire

a. Réglementation

- Délibération n° 77-116 modifiée du 14 octobre 1977 (Délibération n° 95-79 AT du 23 mai 1995) portant réglementation de l’inspection des denrées alimentaires d’origine animale.
- Délibération n° 89-114 AT du 12 octobre 1989 relative à la pharmacie vétérinaire.
- Arrêté n° 1183 CM modifié du 20 décembre 2005 fixant les règles d’hygiène applicables aux denrées alimentaires d’origine animale destinées à l’exportation vers la Communauté Européenne.

b. Application

- Implication sur l’importation de nucléus enrobés
Dans l’état actuel de la réglementation, les nucléus enrobés, y compris de substances ayant des propriétés antiseptiques, ne sont pas considérés comme des médicaments et ne sont donc pas soumis aux restrictions correspondantes concernant l’autorisation de mise sur le marché (AMM) reconnue en France.
- Implication sur l’exportation de korori
De même, la consommation et l’exportation de korori ne sont assujetties à aucun délai d’attente puisque les nucléus enrobés ne sont pas des médicaments.